Nouvelle traduction. 20Le Pétrarque d’Yves Bonnefoy se montre donc érotiquement plus proche de la terre et de ses désirs que du dualisme platonicien (et platonique) [90] ; sa traduction l’enracine dans l’Un du lieu terrestre et lui fait préférer la « grâce enfantine » [91] de Laure, et la pierre des rochers, aux ténèbres surmontant les pentes du Mont Ventoux. On y perçoit des ombres, sous des branches, Ce sont des voyageurs qui passent de nuit. Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires; Music Tales. Yves Bonnefoy (Tours, Indre-et-Loire, 24 de junho de 1923) é um poeta francês, autor de inúmeros livros de poemas, além de ensaios sobre arte e literatura. Yves Bonnefoy : Hamlet en traducteur et Shakespeare en poète It is filled with translated abstracts and articles from key French-language journals. » [45], 12Le poète-traducteur sait parfois saisir le moment précis où cette reproduction phonique est possible (au point qu’on ne puisse y renoncer) — ce qui est plus probable, il me semble, entre deux langues philologiquement aussi proches que l’italien et le français. Cette traduction, qui ne se veut pas « le calque de la littéralité du poème mais l’écoute du désir qui l’écrivit, et l’accomplissement du désir dans un texte restant le sien » [92], enfante donc un désir-auteur [93], auquel répond un désir-traducteur qui « l’éclaire […] » [94]: car aussi bien, « [l]a traduction doit collaborer au poème » [95]. allemand → espagnol. Enfin, un poète allait traduire un poète. » Cela devient dans sa traduction : « Douce et claire est la nuit et sans un souffle,/Et paisible au-dessus des toits, sur les jardins/S’est arrêtée la lune, qui désigne,/Sereines, les montagnes. », aux vers 1 et 2) alterne avec un retour à l’ordre progressif sujet-verbe du français : « Perì l’inganno estremo » (v. 2) devenant « Mon ultime illusion/Est morte » (v. 2-3) ; ou encore, « il brutto/ Poter che, ascoso, a comun danno impera » (v. 14-15) donne : « Cette force brutale qui préside/En secret au malheur universel » (v. 16-17, je souligne). Quand le seau descend dans le puits qui est l'autre étoile. C’est la traduction poétique qui nous intéressera ici, et plus particulièrement le cas de la traduction du Hamlet de Shakespeare par Yves Bonnefoy, ce dernier considérant Shakespeare avant tout comme un poète. » — « Pour toujours prenne fin/Ta fatigue, mon cœur. Cette publication est la plus récente de l'auteur sur Cairn.info. You might also want to visit our International Edition. » [76] Soutenue par la reproduction phonique de l’anaphore initiale en [v] de l’original (« vaneggiar vergogna ») dans le groupe consonantique [fr] (« frénesie », « fruit »), et par la traduction de « mondo » par le locatif « ici-bas », on voit là surgir l’idée que le hic terrestre est justement ce qui, d’ici-bas, s’oppose au ciel. Et boue est le monde. Shakespeare : quatre sonnets sous chacun deux formes suivi de Dix-neuf autres sonnets In : Yves Bonnefoy : L’amitié et la réflexion [en ligne]. GRAND TRADUCTEUR DE SHAKESPEARE, 12 novembre 1959 La traduction qu'Yves Bonnefoy donne aujourd'hui de Hamlet et de Jules César a été annoncée comme un événement littéraire (1). Traduction et critique poétique, numéro spécial de la revue Littérature, P. Née éd., n° 150, juin 2008; Cahier Bonnefoy [4], Odile Bombarde et Jean-Paul Avice (dir. Et sa traduction est, certes, extraordinaire. Je sens bien que l’espoir s’est éteint en moi. » [75]. Une fois définies ces prémisses théoriques, la praxis d’Yves Bonnefoy agit sur la forme du sonnet en respectant la structure strophique traditionnelle de l’original, avec pour seules exceptions les sonnets CCXXV et CCXXVI [71] où, comme il arrive pour certaines de ses traductions des sonnets de Shakespeare [72], l’on assiste à une incrémentialisation de la quantité globale des vers : celle, ici, des deux quatrains italiens qui deviennent deux quintils. La traduction s'élabore, comme l'écrit Bonnefoy, « dans un rapport de destin à destin1 ». Yves Bonnefoy, « La traduction de la poésie ». Yves Bonnefoy et le haïku 13 En 1972, quatre années après un voyage en Inde puis au Japon, Bonnefoy consacre un essai à Bashô, « La fleur double, la sente étroite : la nuée 25 » – la revue L’Éphémère publiant la même année une traduction du journal de voyage de … C’est le cas du tercet final du Sonnet I : « et del mio vaneggiar vergogna è ‘l frutto,/e ‘pentersi, e ‘l conoscer chiaramente/che quanto piace al mondo è breve sogno. Pourtant, derrière l’apparence de ces stéréotypes — ceux d’une typologie féminine que le poète ne cesse de reproposer, aux caractéristiques vaguement mariales [63] et proches de l’iconographie picturale d’un Simone Martini ou d’un Taddeo Gaddi [64] —, se révèlent le pouvoir de désignation de l’être propre à la poésie, et le mystère des correspondances et des analogies d’un cosmos voulu par un Créateur — bien que l’idée de transcendance de l’époque de Pétrarque ait définitivement disparu de l’horizon moderne. Toujours dans le même poème, un procédé syncopé analogue préside peu après à l’allégorisation emphatique du mot « Nature » : à la fois par son initiale qui porte la majuscule, et par l’adjectif « onnipossente » nominalisé qui s’y rapporte (« E l’antica natura onnipossente », rendu par « De ma fenêtre, la Nature, l’originelle/ Puissance » [48]), de manière à expliciter la valeur philosophique du mot, dans le contexte de la réflexion lyrique du poète de Recanati. » [60] Or ce qui le frappe dans la poésie de Pétrarque, c’est la présence « d’un réseau serré de ce qu’aujourd’hui nous appellerions des stéréotypes » [61], dont la rhétorique semblerait l’éloigner « des intuitions que rien n’explique » qui furent celles d’Homère, de Virgile et de Dante [62]. Les numéros de page à côté des sonnets cités se réfèrent à cette édition. » [56] Se pose d’abord pour lui le problème de la traduction d’un texte d’une autre époque, qui impose au traducteur une « nécessité de transposition » [57]. La traduction des vers 6 à 9 est exemplaire de la liberté que prend le traducteur de scander par une ponctuation modifiée et personnelle les différents syntagmes constituant la période [51] : usant d’une ponctuation où les deux points introduisent une prolepse, et ou le point virgule (ici au vers 10) se trouve souvent remplacé par un point ; ce qui implique certaines répétitions explicatives comme celles de « Méprise » (aux vers 14 et 16) dans la partie finale du poème. Tours : Presses universitaires François-Rabelais, 2007 (généré le 14 décembre 2020). Quelques traductions nouvelles. 19Mais l’un des buts fondamentaux d’Yves Bonnefoy dans cette traduction est de sonder « l’inexploré de la pulsion érotique » du Canzoniere, « de porter la traduction d’un mot ou d’un vers un peu plus en avant que lui dans l’explicitation du désir ou du sentiment qu’il [Pétrarque] éprouve » , d’y faire affleurer « une pensée plus charnelle » . L'écume, le récif: 3. Yves Bonnefoy - Yves Bonnefoy, né à Tours (Indre-et-Loire) le 24 juin 1923, est un poète, essayiste et traducteur français. Il est l'auteur d'une oeuvre importante, poétique aussi bien que théorique, qui interroge sans relâche les rapports qu'entretiennent le monde et la parole. Longtemps plus connu en France comme patriote et surtout comme philosophe pessimiste, que comme poète, la renommée de l’auteur des, Car la lune à laquelle s’adresse le berger et ne cessent de s’adresser nombre d’autres poèmes de Leopardi, lune “, Ta fatigue, mon cœur. Est morte, que j’ai crue qui serait sans fin. Ce même procédé de focalisation de l’attention sur un substantif, ou sur un adjectif substantivé isolé par le présentatif, revient aussi dans l’interprétation personnelle plus libre de certains passages de l’original, comme au sonnet XXXIII : « Lorsque mon espérance entra dans mon cœur,/La presque morte » traduit « quando mia speme già condutta al verde/giunse nel cor » [78], où il est évident que « La presque morte » (qui est l’espérance) n’est qu’une invention du traducteur — et d’autant plus personnelle qu’elle semble renvoyer directement à un stylème de sa poésie récente : « la sans-visage » de « La maison natale » [79]. Yves Bonnefoy. Tu as assez battu. Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent article, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public sous quelque forme et de quelque manière que ce soit. Lorsque en 1994 Yves Bonnefoy publie sa traduction des vingt-quatre premiers sonnets, pour une édition d’art à tirage limité1, il la fait précéder d’un essai intitulé "Traduire les sonnets de Shakespeare". « La ponctuation en poésie est plus questionnante, plus risquée. » [46] Cet exemple s’impose d’abord par la reproduction de l’hyperbate initial — figure de style bien plus rare en français qu’en italien — qui met ici en évidence l’importance des adjectifs-« notions » [47]. Rien ne mérite tes fièvres. Le choix de bannir tout archaïsme lexical fait inévitablement perdre certaines nuances musicales et sémantiques de la polysémie de l’original : c’est le cas du mot-clé « ricordanza » — dont le traducteur saisit pourtant bien la valeur de mot-valise contenant aussi les lexèmes italiens « cor » (cœur) et « danza » (danse) [42] —, sorte de souvenir cher au cœur dont le seul mot français de « souvenir » (utilisé dans la traduction de Alla luna [43]) ne peut nullement rendre la richesse — mais comment faire autrement en français ? BONNEFOY, Yves. Cherchez des exemples de traductions Yves Bonnefoy dans des phrases, écoutez à la prononciation et apprenez la grammaire. Dans cette perspective, la traduction qu’Yves Bonnefoy donne de ce grand poème léopardien [19] — traduction que j’ai déjà analysée [20] en montrant, surtout dans sa clausule, un éloignement de la structure anaphorique et de la valeur tragique du mot « naufragar » [21] — se révèle pourtant cohérente avec ce qu’il écrit dans son essai sur ce poème, qui opposerait le rêve à la cruauté de la nature, et l’esprit à l’ennui, pour « désirer le non-être comme le refuge paradoxal de la réalité proprement humaine » [22], jusqu’à le percevoir comme le lieu illimité de l’infini. Traduction et mémoire poétique, Dante, Scève, Rimbaud, Proust (2007) avec Yves Bonnefoy (1923-2016) comme Préfacier Nul ne s'égare (2006) avec Yves Bonnefoy (1923-2016) comme Préfacier 2En ce qui concerne la théorie de la traduction, Yves Bonnefoy garde toute son autonomie vis-à-vis des tendances strictement linguistiques du formalisme structuraliste et du fonctionnalisme socio-linguistique de la communication ; de même, dans la querelle ciblistes-sourciers opposant les sémanticiens linguistes aux stylisticiens littéraires, il refuse de prendre une position nette, en raison de l’impossibilité de réduire un texte à son sens, et de l’exigence de récréer un son et un rythme modernes et personnels loin de toute tentation archaïsante. Tous droits réservés pour tous pays. Leopardi, cinquante ans avant Mallarmé, découvre le vide du Ciel et trouve le Néant qui sera après pour Nietzsche « […] le seuil nécessaire de la modernité de l’esprit » [17]. », traduit par : « Et de ma frénésie c’est le fruit, cette honte,/Avec le repentir, et savoir, clairement,/Qu’ici-bas ce qui plaît, c’est bref, ce n’est qu’un songe. Mais toujours l'eau est close, au fond du puits. Le traducteur parvient à cette nouvelle dimension strophique grâce à un travail d’expansion expressive (et non pas de dilution) des segments de chaque vers ; ainsi, « En aucune forêt aucune bête » [73] constitue dans sa strophe un vers entier, alors qu’il n’est que la moitié du vers original (« non fu quant’io, né fera in alcun bosco » [74]). D’ailleurs l’importance du sonnet comme structure formelle — en cela proche de grandes découvertes de la science expérimentale et du syllogisme — est telle qu’il arrive à lui attribuer la capacité de « mettre en question l’ordre social ! He has chosen an irregular form: each poem boasts between 14 and 20 unrhymed lines, although he claims to be always following « a (strict) four-stanza structure, with one, the last one, shorter ». 19Mais l’un des buts fondamentaux d’Yves Bonnefoy dans cette traduction est de sonder « l’inexploré de la pulsion érotique » [81] du Canzoniere, « de porter la traduction d’un mot ou d’un vers un peu plus en avant que lui dans l’explicitation du désir ou du sentiment qu’il [Pétrarque] éprouve » [82], d’y faire affleurer « une pensée plus charnelle » [83]. Les deux occurrences italiennes du même mot « inganno » (v. 2 et 4) sont rendues par les deux termes différents d’« illusion » et de « rêves », signe d’une attitude exempte de tout littéralisme. 7Mais c’est surtout Yves Bonnefoy qui donne aujourd’hui en France un apport irremplaçable à la mise en valeur de Leopardi. Référence électronique. Il s’agit en effet de ne jamais séparer l’œuvre du monde, et de reconnaître à cette activité le rôle capital qu’elle mérite dans l’histoire des formes littéraires et dans la poétique du discours ; ce qui suppose que les textes revivent dans d’autres langues par des gestes poétiques de la subjectivité écrivante, capables d’en prolonger la leçon. Édition bilingue. Read about music throughout history Read. Paroles et traductions - Yves Bonnefoy: Aux arbres, Le puits, L'écume, le récif, Tombeau de Stéphane Mallarmé, Un souvenir, La foudre, L’arbre, la lampe C’est le cas de l’incipit de La sera del dì di festa : « Dolce e chiara è la notte e senza vento,/E queta sovra i tetti e in mezzo agli orti/Posa la luna, e di lontan rivela/Serena ogni montagna. Voilà qui est fort évident dans les présences paradigmatiques des « feux », des « braises » et des « cendres » que remue la « vieille » du sonnet XXXIII [84] — où se voit déjà préfiguré tout le pétrarquisme du Ronsard de Quand vous serez bien vieille [85] ; l’image de la flamme associée au désir qui détruit l’amant revenant également au sonnet CXXXIII [86], comme aussi dans le jeu oxymorique de l’ardeur de la glace du sonnet CXXXIV [87] : brûlure d’amour qui, de la Dame, rend la « Bouche d’ange, superbe » [88], le regard une « merveille ! Vous avez été déconnecté car votre compte est utilisé à partir d'un autre appareil. 16Le corpus des travaux d’Yves Bonnefoy sur le « fondateur de la République des Lettres » [54] est essentiellement constitué par sa traduction de Dix-neuf sonnets de Pétrarque [55], suivi de l’essai « Le Canzoniere en sa traduction. Vérifiez les traductions 'Yves Bonnefoy' en anglais. Du point de vue prosodique, l’attaque de plusieurs vers est bâtie sur l’anapeste (–): « Ta fatigue […] » (au vers 2, mais aussi aux vers 5, 10, 11, 13, 14, 16 et 17). Pas des lettres gauloises, du cyrillique. 1Ayant déjà consacré à la théorie et à la pratique de la traduction d’Yves Bonnefoy deux études récentes [1], ainsi que plusieurs autres articles aux problèmes posés par la traduction de sa poésie en italien [2], j’éviterai ici de revenir longuement sur ces thèmes pour approfondir plutôt, dans ses implications théoriques et pratiques, le travail d’Yves Bonnefoy sur Leopardi et sur Pétrarque, les seuls deux grands poètes italiens qu’il ait traduits. Y. Bonnefoy, « Le Canzoniere en sa traduction », postface à « Dix-neuf sonnets de Pétrarque nouvellement traduits par Yves Bonnefoy », Conférence n° 20, printemps 2005, p. 361-362. • Jean-Pierre Richard, « Yves Bonnefoy entre le nombre et la nuit », Onze études sur la poésie moderne, Seuil, 1964 Collection Poésie, Mercure de France Parution : 13-04-2000 «Faut-il justifier une tentative nouvelle de traduction, quand il s'agit de l'"Ode au rossignol" ou du "Chant du pasteur errant" ? Cahiers de L'Herne, L'Herne, 2010. Le voyage de l'homme, de la femme est long, plus long, C'est une étoile au bout du chemin, un ciel. Yves Bonnefoy, « La maison natale », I, v. 9. Par conséquent, le traducteur décidera de combattre « le stéréotype, […] cette sorte de réalité en puissance supérieure » [65] pour situer les êtres, selon une topographie plus horizontale que verticale dans « ce monde où l’on vit dans l’ordinaire des jours » [66], par un désir de la poésie d’être proche « d’une personne réelle soudain reconnue comme telle » [67]. Méprise. 11L’écriture traductrice d’Yves Bonnefoy est caractérisée par un certain nombre de stylèmes et de procédés récurrents que les quelques exemples qui suivent se proposent de mettre en évidence. Voir Fabio Scotto, « Le son de l’autre : théorie et pratique de la traduction d’Yves Bonnefoy ». Chez Yves Bonnefoy donc, la pensée critique informe la traduction, selon une réciprocité chiastique entre poésie et pensée que Patrick Née a justement remarquée [26]. Carlo Ossola remarque à juste titre le choix de traduire « questo vagar mio breve » par « cette brève errance qui est la mienne » [34], ce qui marquerait une affinité entre les errances nocturnes du pasteur errant léopardien et les poèmes en prose de La vie errante [35]. Activité du site. » [49]. William Shakespeare (Auteur), Yves Bonnefoy (Traduction) 4,5 sur 5 étoiles 85 évaluations.

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