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ô Dubaï

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Chers Amis Sportifs,

je vais vous conter mon expérience vécue lors du marathon couru à Dubaï le 24 janvier 2020. Je dis expérience, je pourrais aussi parler aventure car un marathon est toujours une source d’aventure. Qui plus est, à l’étranger. L’histoire commence ainsi: Cyril, mon fils ainé, coureur à pied régulier depuis deux ans voulait connaitre l’ivresse de franchir la ligne d’arrivée de cette épreuve mythique et en même temps vivre un séjour touristique dépaysant en ce début d’année.

Ayant quelque peu expérimenté la chose, je savais que la conjugaison voyage et optimisation de l’effort ferait difficilement bon ménage. Et placer l’enjeu sportif au second plan d’un séjour nous soulage d’une certaine pression, mais n’enlève en rien à la difficulté de courir les 42.195kms, bien au contraire.

Or, j’aime titiller les situations prévisibles et comme tous les grands enfants, jouer de la vie. Alors, je me joins à Cyril pour ce périple dans cet émirat du golfe Persique...

21 janvier: Nous voilà dans la salle d’embarquement à Roissy-Charles-de-Gaulle, deux mois après notre inscription au marathon, le guide touristique de Dubaï en poche. A nous la semaine rêvée avec notre intendante commune et préférée, sa maman... Bonjour Dubaï ! Ville de la démesure ouverte sur le monde et le futur...

23 janvier au diner: Dis Papa ! Je pense qu’on en a trop fait durant ces deux jours. Oui mon fils ! C’est vrai, nous avons marché du matin au soir, dans tous les sens et de surcroit, le p’tit footing de 5km ce matin dans ces conditions n’était pas vraiment utile. Notre intendante: Je vous l’avais dit ! On s’économise avant un marathon et vous faites l’inverse. A Rome c’était pareil, et ailleurs ce sera encore le même refrain. Bon ! Sur ces belles paroles, il nous reste un p’tit sommeil pour récupérer...

24 janvier: Il fait encore nuit sur le boulevard où sera donné le départ du marathon et les autres épreuves. C’est magique, j’adore cette ambiance d’avant course, de voir toutes ces petites fourmis multicolores aller et venir s’activer dans la pénombre des luminaires. 7h du matin: Le départ est donné. Je m’enferme dans ma bulle à l’écoute de mes premières sensations. Elles sont bonnes ; j’attends avec impatience le 10ème. Je croise Cyril lors de la première boucle, je suis content pour lui, il semble facile. Néanmoins, je crains qu’il soit trop en avance sur ses temps de passage prévisionnels... Ouah! Le semi-marathon se présente. Je le nargue sans repère chronométrique car je cours à la sensation à titre expérimental sur ce marathon. Cependant, j’avoue qu’à mi-parcours, j’aurais aimé connaitre mon temps de passage. J’ai bon espoir de pouvoir tenir ce rythme jusqu’à l’arrivée tout en sachant que le plus dur serait à venir...

Bingo ! Depuis le 30ème je m’éteins à petit feu. Que les derniers kms sont longs, interminables... Je pense à Cyril: il doit être arrivé depuis longtemps. Enfin ! Je distingue l’arche d’arrivée au loin, un compagnon de fortune dépose sa main sur mon épaule et m’encourage dans sa langue. Nous finissons ensemble acclamés par les spectateurs...

Me voilà à la maison à décortiquer ma course, d’après mes temps de passage officiels du 5ème aux 42.195kms. Cela reflète à merveille la physionomie du déroulement de mon marathon. J’ai joué ; ma stratégie de course était séduisante, mais ne sera pas à renouveler.

Et Cyril ! Me direz-vous. Bonne nouvelle ! Il a terminé son premier marathon. Il a fait le dur apprentissage dans la douleur depuis le 28ème. Le pauvre ne pouvait plus bouger après avoir franchi la ligne d’arrivée. Il n’avait jamais connu à travers son passé de sportif un niveau de souffrance aussi élevé. Il termine en 4h25’ et moi en 4h31’ un peu loin de nos ambitions premières. Cependant l’essentiel était préservé en revenant à la maison avec la médaille des finisseurs autour du cou et de beaux souvenirs plein la tête.

Maintenant il est l’heure de l’analyse de notre course et de notre préparation ; sans pour autant alimenter des regrets, mais pour comprendre. Ce sera l’objet d’un prochain article en complément de ce récit déjà bien étoffé. Aussi, je m’attacherais à mettre en évidence qu’un marathon se gagne avec une préparation spécifique et minutieuse jusqu’au jour J. Mais qu’il peut aussi se perdre (relativement parlant) sur un coup de dés de dernières minutes.

Chers Amis Sportifs, je vous souhaite une bonne lecture en espérant de ne pas vous avoir ennuyé à travers mon récit. Et bon courage pour ceux qui sont dans la phase préparatoire d’un marathon...

Philippe

 

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